Le Crédit Portfolio Management : La solution pour surmonter la crise dans les BFI ?
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30 juin 2009
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Défauts en cascade sur certains secteurs (automobile, immobilier), dégradations brutales de notations, créances toxiques : voilà le quotidien de l’activité Financements des BFI (Banques de Financement et d’Investissement). |
Dans ce contexte de crise financière, le pilotage du portefeuille d’engagements revient donc au premier plan des remèdes anti-crise pour les Directions Générales. Pour être parfaitement efficace, le Credit Portfolio Management (CPM) doit prendre une place adaptée dans l’organisation.
Le Credit Portfolio Management
Le CPM couvre assez systématiquement, au sein des BFI, les activités suivantes :
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La couverture, via des dérivés de crédit, de créances sur le périmètre global de la BFI. Cette activité inclut la connaissance et l’accès au marché des dérivés de crédit, ainsi que l’identification et le choix des créances optimales au regard de l’efficacité des couvertures.
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Le suivi des limites globales de concentration, ce qui implique une vue de l’ensemble du portefeuille de créances de la BFI, et une participation au processus d’origination des deals.
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Un rôle de conseil, voire d’arbitre, parmi les différents canaux de sortie de risque : dérivés de crédit, reventes directes par les lignes métiers, mise en place de syndications, loan trading, structuration de CDO par les équipes de titrisation, etc.
Le contexte de crise
Dans les années de croissance, sortir du risque constituait déjà en enjeu important pour les BFI : c’était le moyen de libérer des fonds propres pour originer de nouveaux deals et augmenter par conséquent les niveaux de rentabilité (commissions d’arrangement, etc.).
Dans le contexte actuel, l’enjeu s’amplifie : le niveau de fonds propres à mobiliser augmente par la seule dégradation des créances en portefeuille. Certaines lignes métiers voient leur RWA se rapprocher dangereusement de leur limite.
Parallèlement, les mécanismes de sortie de risque sont eux aussi affectés par la crise.
Parmi les différentes stratégies possibles de sortie, la revente sur le marché, déjà peu liquide en temps normal, par le mécanisme des « reventes directes » (syndications, cessions) relève en ce moment de la gageure, faute d’acheteurs.
Quant aux CDS, ils s’achètent à prix d’or, leur cours s’est envolé au rythme des annonces de dépréciations d’actifs. De plus, le principe du CDS, qui consiste à substituer à l’emprunteur un tiers supposé en bonne santé, n’est pas toujours adapté dans le contexte actuel de dégradation brutale de la situation de la majorité des acteurs.
Enfin, le mécanisme de titrisation des créances atteint ses limites : l’appétence des investisseurs pour les CDO s’est sérieusement affaiblie.
Le responsable des stratégies de sortie de risques
Le positionnement du CPM dans les schémas de sortie est le principal facteur clé d’efficacité. Nous constatons 3 positionnements possibles, représentés dans le schémas de flux ci-dessous :
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Le CPM comme canal de sortie de risque
Dans ce modèle, le CPM se positionne comme un intermédiaire entre les lignes métiers et le marché des dérivés de crédit. Le CPM est vu avant tout comme un fournisseur de services de sorties de risque (essentiellement des CDS), au même titre que d’autres cellules (syndication, titrisation, etc.). -
Le CPM comme ligne métier
Ici, le CPM est une ligne métier à part entière, en charge de certaines créances (typiquement les tranches « unsecured » des deals vanilles.)
Ce modèle est souvent en place pour des raisons culturelles ou historiques (par exemple pour dynamiser, il y a quelques années, l’activité d’achat de CDS qui n’était pas la solution privilégiée par les lignes métiers pour couvrir leurs deals). -
Le CPM comme responsable des stratégies de sortie
Le CPM est l’interlocuteur unique des lignes métiers pour la sortie de risque et se charge de choisir et d’arbitrer, au cas par cas, parmi les différentes opportunités : CDS, CDO, reventes directes.
Le positionnement « Responsable des stratégies de sortie » offre au CPM l’opportunité de coordonner, rationnaliser et optimiser les sorties de risque, grâce à sa connaissance du marché des dérivés et du portefeuille de créances. Comme évoqué précédemment, c’est un enjeu majeur dans le contexte actuel.
Dans ce modèle, il est pertinent que le CPM soit habilité à gérer un montant de risque, ce qui lui permet de désynchroniser la sortie de risque de la ligne métier et l’achat effectif du dérivé de crédit. Concrètement le CPM prend un montant de risque (et facture cette prise de risque) à la ligne métier souhaitant ou devant sortir du risque. En attendant de le couvrir effectivement, le risque est porté par le CPM qui possède donc, au même titre que les lignes métier, une limite de RWA.
Cette désynchronisation permet au CPM d’optimiser les sorties de risque, en fonction du marché des dérivés de crédit : achat de CDS au moment opportun, allocation ou réallocation des dérivés de crédit aux créances optimales en termes d’efficacité, etc.
La mission du CPM : la maîtrise des risques
Le CPM doit rester avant tout un instrument de maîtrise du risque de crédit, il faut donc être attentif aux dérives possibles. L’attribution d’une limite en RWA ne doit pas conduire à des prises de positions purement spéculatives sur les marchés.
La définition d’une charte de gouvernance précisant la mission, les rôles et responsabilités du CPM et ses relations avec les lignes métier (formalisées par des contrats de service) y compris en termes d’échanges économiques est ainsi une condition essentielle à l’efficacité de l’action du CPM.
Tags :BFI, charte, conseil, crédit, crise, efficacité, Financements, fonds, gouvernance, mobile, titrisation
Articles dans : Bâle II,Point de vue,Risques / Finance

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