La reprise du marché du crédit syndiqué devrait relancer les souscriptions aux offres proposées par Euroclear et DTCC peu avant la crise.
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6 décembre 2011
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Après avoir connu une croissance très importante au début des années 2000 (+ 148% entre Juin 2000 et Juin 2007) le marché des crédits syndiqués a subit la crise des subprimes de plein fouet (- 78% entre Juin 2007 et Mars 2009). |
Sans être revenu à son niveau d’avant crise, le marché avait retrouvé en mars 2011 des volumes s’approchant du niveau de ceux observés début 2007. Ce retour progressif à la normale devrait s’accompagner d’une reprise des souscriptions aux offres développées par Euroclear et DTCC peu avant la crise, visant à améliorer la qualité de traitement ainsi que les délais de gestion des prises de participation dans les pools et des transactions sur le marché secondaire.
Le marché de la syndication bancaire reprend
La tendance semble repartie à la hausse sur le marché des crédits syndiqués depuis début 2010 avec une progression de plus de 95% entre les premiers trimestres 2010 et 2011. Ces dispositifs qui font collaborer plusieurs établissements bancaires au sein d’un même pool afin d’accorder des facilités importantes aux entreprises, d’un montant supérieur à celui que pourrait accorder un établissement à lui seul, offrent en effet une véritable alternative au financement par émission d’actions ou d’obligations. Adaptabilité et flexibilité de l’offre ainsi que coûts moins élevés en raison d’une nécessité de communication et de publication inexistantes donnent aux crédits syndiqués une place prépondérante dans les structures de financements choisies par les grands corporates et grandes institutions aujourd’hui.
Marché des crédits syndiqués Mars 1992 – Mars 2011
En milliards de dollars dans le monde
Source : BIS
L’activité sur ce marché devrait qui plus est fortement progresser à très court terme à en croire les estimations formulées par les analystes du secteur. Le FMI parle ainsi dans son dernier rapport annuel sur la stabilité financière de « mur de la dette » concernant la période 2011-2013. En effet, de nombreuses lignes de crédit avaient été mises en place dans la deuxième moitié des années 2000 (3000 milliards d’euros de crédits syndiqués accordés entre 2005 et 2007 en Europe), à l’époque où les banques prêtaient avec largesse pour se tailler la part du lion sur ce marché. De maturité de 5 à 7 ans en moyenne, ces lignes de crédit devraient arriver à échéance massivement entre 2011 et 2013. Par ailleurs, 8000 milliards de dollars de dette obligataire corporate devraient également être remboursés avant fin 2015 d’après les estimations de l’agence Standard & Poors, dont 1400 milliards pour la seule année 2011. Dans un environnement où le besoin de refinancement des Etats sera lui aussi très important (1378 milliards d’euros d’obligations émises par les Etats Européens devraient arriver à échéance entre 2011 et 2013 d’après les analyses de la Société Générale) et viendra vraisemblablement concurrencer les entreprises, on peut imaginer que ces dernières puissent être amenées à se tourner de plus en plus vers les crédits syndiqués pour pallier à l’assèchement du marché obligataire.
Cette reprise devrait entrainer une nouvelle vague de souscriptions aux offres d’automatisation
Cette augmentation des volumes des crédits syndiqués devrait s’accompagner d’une reprise des souscriptions aux offres élaborées par Euroclear et DTCC peu avant la crise. Ces dernières respectivement nommées LoanReach et Loan SERV visaient à proposer des plateformes permettant aux agents et aux prêteurs de gérer et de monitorer leurs portefeuilles de crédits ainsi que de rationaliser et d’automatiser leurs processus en vue de faciliter et de sécuriser la gestion de leurs opérations sur le marché secondaire.
Le lancement de ces deux offres a, de manière très inopportune, quasiment parfaitement coincidé avec la crise financière de 2008. Les volumes sur le marché des crédits syndiqués ayant diminué de manière très significative sur cette période, les souscriptions à ces offres qui répondaient pourtant à un besoin réel, ont logiquement été différées de presque 1 an par rapport à ce qui pouvait être anticipé.
Différé des souscriptions aux offres Loan Reach et Loan SERV
Source : Sia Conseil
Le marché du crédit syndiqué reste aujourd’hui confronté à des processus non industrialisés, non standardisés et les modes de communication traditionnellement utilisés sur ce marché sont désormais dépassés. Des progrès tant en termes de qualité de traitement des ordres que d’optimisation des coûts sont donc possibles. L’utilisation du fax, à titre d’exemple engendre des coûts importants et peut être à l’origine d’erreurs manuelles d’autant plus nombreuses que les données fournies doivent parfois être enregistrées dans des outils informatiques multiples. A l’heure actuelle, le délai de traitement complet d’une opération syndiquée sur le marché secondaire comprenant la mise à disposition des documents légaux, l’achat/vente de parts ainsi que le déblocage des fonds et la mise à jour des positions est de 20 jours en moyenne aux Etats-Unis et de 30 jours en moyenne en Europe[1]. Ceci limite la gestion du risque de contreparties pour les banques puisque plus la durée des transactions s’allonge plus les banques sont exposées au risque porté par les contreparties impliquées. Enfin il existe un risque important compte tenu du fait que la mise à jour des positions des différents établissements bancaires et les échanges de cash ne s’effectuent pas de manière simultanée. Les banques ont donc exprimé des besoins nouveaux tels la mise en place de plateformes de communication interbancaires voire globales donnant accès aux données sur les différents crédits tout en respectant la confidentialité de rigueur. L’e-mailing automatique et la garantie d’une synchronisation entre la mise à jour des positions et le paiement effectif des opérations constituent également des sujets d’attention.
C’est afin de répondre à cette demande qu’Euroclear et DTCC ont développé leurs offres.
L’offre Loan Reach d’Euroclear propose ainsi un service automatisé d’échange autour des crédits syndiqués comprenant :
- l’allocation d’un code unique pour chaque prêt syndiqué,
- une base de donnée centralisée pour les prêts syndiqués,
- un service de réconciliation des portefeuilles,
- un service de mise à jour automatique des positions
- un service de « Delivery Versus Payment » (DVP) multy currency (53 devises différentes) pour le marché secondaire des crédits syndiqués .
La solution développée par Euroclear est pour le moment principalement destinée à la zone Europe et fortement plébiscitée par les banques du vieux continent qui la considèrent mieux adaptée aux transactions en euro.
L’offre Loan/SERV développée par DTCC propose de son côté un ensemble de services d’automatisation de la gestion du process de syndication :
- un réseau de communication automatisé et sécurisé voué à la transmission des messages standards des agents aux différents participants des pools bancaires,
- un service de messaging,
- la réconciliation des positions,
- un service de Delivery Versus Payment » (DVP) depuis le 17 août 2011 en collaboration avec Markit pour les deals en dollars américains uniquement
L’offre développée par DTCC est désormais opérationnelle aux Etats Unis en Amérique Latine, en Europe, en Asie et en Afrique.
D’apparence concurrents sur ce segment de marché, les deux acteurs pourraient pourtant être amenés à travailler main dans la main. Ainsi, plusieurs clients ont déjà exprimé leur volonté de voir Euroclear et DTCC collaborer afin de leur offrir la possibilité d’établir des connexions entre les deux plateformes qu’ils proposent. Les mois qui viennent devraient nous donner un peu plus de visibilité sur cette potentielle collaboration.
[1]d’après Transforming the syndicated loan market par DTCC . Le differentiel Europe/Etats-Unis s’explique en grande partie par le fait que les transactions européennes s’effectuent dans différentes devises et que le cadre juridique des contrats diffère très souvent selon les pays concernés.
Tags :agence, capital, client, concurrence, conseil, crédit, crise, européen, finance, Financements, fonds, gestion, obligation, opérationnel, optimisation, prêts, Rating
Articles dans : BFI,Point de vue,Stratégie

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1 commentaire Ajoutez le votre
1. Credit Personnel | 7 décembre 2011 à 10:43
Un article brillant et complet qui nous permet de regarder notre avenir droit dans les yeux.
L’offre DTCC est très attendue en tout cas. Espérons qu’elle se montre à la hauteur !
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