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11/07/2016

Les Blockchains dans les services financiers : quels défis pour le marché français ?

« Blockchains », « Miners », « Smart Contracts », « clés cryptées »… ces termes hermétiques à premier abord inondent la presse grand public et les publications spécialisées depuis plusieurs mois, et prédisent l’imminence d’une révolution Blockchain. Qu’est-ce que la Blockchain et comment s’applique-t-elle déjà dans les services financiers ? Face à cette vague, où en est la France et quels seront les défis à relever ? 

Blockchain, un système de stockage et de transmission d’information décentralisé

Technologie à la base de la crypto-monnaie Bitcoin créée en 2008, la Blockchain est un registre décentralisé et librement accessible sur un réseau d’ordinateur (réseau peer-to-peer) qui permet d’enregistrer, de valider et de réaliser des transactions de manière sécurisée entre des contreparties qui ne se font pas confiance a priori.

Fonctionnement d'une transaction via une Blockchain

blockchains services financiers fonctionnement d'une transaction via blockchain  mineurs registre reste du réseau instantané

La Blockchain présenterait, par définition, les avantages suivants :

  • Désintermédiation : les transactions se font directement, sans recours à un intermédiaire central (ex : une chambre de compensation, un notaire…)
  • Rapidité : les transactions sont réconciliées en moins de 10 minutes (comparé à deux ou trois jours avec le système actuel)
  • Immuabilité et traçabilité : les données sont enregistrées de manière irrévocable et ne peuvent être falsifiées
  • Baisse des coûts opérationnels et d’infrastructure
  • Automatisation, grâce aux Smart Contracts : des programmes informatiques qui génèrent automatiquement des actions (ex : un paiement) lors du déclenchement de conditions prédéterminées

Ces prétendus avantages pourraient ainsi répondre à plusieurs challenges opérationnels et réglementaires auxquels sont aujourd’hui confrontées les institutions financières, dans leurs activités de paiements, d’émission/transfert d’actifs (titres, matières premières…) ou d’engagements (prêts, location…).

Quelles applications sont développées actuellement dans les Services Financiers ?

Pour prouver les opportunités derrière des avantages qui semblent « conceptuels », les initiatives croissent donc de manière exponentielle depuis fin 2015.

Outre-Atlantique d’abord, avec :

  • Des investissements des banques dans des startups qui développent des plateformes façonnées à leurs besoins : Goldman Sachs et Circle ou JP Morgan Chase et Digital Assets Holdings par exemple.
  • Les banques ont lancé leurs Labs de R&D dédiés : Citi, UBS et Barclays en font partie.
  • 42 banques collaborent au sein du projet R3CEV, consortium de recherche et développement, qui a déjà réalisé avec succès plusieurs cas d’usages et est partenaire d’acteurs majeurs comme Ethereum ou Microsoft Azure.

La démarche française s’en rapproche :

  • Le premier semestre 2016 a vu apparaître des start-ups dédiées qui se vouent à la recherche, comme Blockchain France ou Labo Blockchain, avec qui la Banque de France lance une expérimentation.
  • Les banques développent ainsi leurs Blockchains privées, en collaboration avec des startups, comme BNP Paribas avec Smart Angels.
  • Une approche collaborative française se dessine avec l’initiative CDC qui réunit onze acteurs dont six institutions financières.
  • Des premières applications proposent des offres de service, comme Paymium ou Moneytis. 

Exemples d’applications basées sur les Blockchains actuellement développées ou en projet

Exemples d’applications basées sur les Blockchains actuellement développées ou en projet changecoin abra computershare BNPP smartangels bank of amercia

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Quels défis pour l’épanouissement d’une Blockchain à la française ?

Ils sont d’abord technologiques : volumétrie (7 transactions / seconde traitées, 1000 fois moins que VISA), taille (block limité à 1 Mb), vitesse, …

Par ailleurs, les défis en France sont humains. Les compétences de développement restent rares. Les banques françaises l’ont compris, c’est pourquoi elles ouvrent des postes dédiés Blockchain. Des incubateurs devraient davantage voir le jour. 

Les banques vont par ailleurs se retrouver challengées par une nécessité de collaborer : entre elles, et avec des Fintechs, organisation elle-même nouvelle. Un défaut de collaboration pourrait remettre en question un des avantages de la Blockchain : un système d’information unique.

Enfin, le défi est éthique. Bien que la technologie se vante d’avantages moraux - confiance « automatisée », rôle amoindri des autorités centrales, transparence -, elle n’est pas exempte de questionnements, comme sur la propriété ou la protection des données. Si finalement les concepteurs d’une Blockchain pourront mettre en place un système autorégulé par son code informatique, et en être les tenants et les sachants, une question centrale demeure : qui surveillera ? 

Sia Partners

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