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27/09/2016

Trappe à liquidité : quels impacts et quelles réponses ?

Nous vous proposons de découvrir le troisième et dernier article de notre triptyque sur la Trappe à Liquidité

Dans ce dernier article de notre série de trois autour du thème de la trappe à liquidité, nous allons analyser quels sont les impacts de la situation de trappe à liquidité à laquelle fait face la zone euro sur l’épargne des ménages français, et quelles sont les politiques – non conventionnelles – mises en place par la BCE.

Impacts de la trappe à liquidité - L’exemple de l’épargne des ménages français

Comme nous venons de le voir, les préférences des agents économiques changent en situation de trappe à liquidité. En effet, les agents économiques préfèrent détenir un actif sans risque, liquide, à un actif risqué, souvent moins liquide et dont le prix varie inversement au taux d’intérêt. Keynes décrit cette préférence ainsi: “There is the possibility… that, after the rate of interest has fallen to a certain level, liquidity-preference may become virtually absolute in the sense that almost everyone prefers cash to holding a debt which yields so low a rate of interest[1]. Cette préférence marquée pour la liquidité se retrouve dans l’arbitrage qui se fait entre les différents produits d’épargne court terme : DAV (Dépôt à Vue), DAT (Dépôt à Terme) < 2 ans et CSL (Comptes Sur Livret). Entre janvier 2009 et février 2016, les encours de DAV des ménages français ont augmenté de près de 43%, ceux de CSL de 20,81%[2], tandis que ceux des DAT < 2 ans ont diminué de près de 20%. Les dépôts à vue ont donc fait l’objet d’un arbitrage favorable au détriment des DAT < 2 ans et dans une moindre mesure, des comptes sur livrets. En ce qui a trait aux dépôts à terme, la baisse des encours s’explique notamment par la moindre liquidité qu’ils offrent en comparaison des DAV.

La préférence pour les DAV s’est accentuée durant les deux dernières années[3]. On constate que les encours de DAV ont augmenté de 19,24% entre janvier 2014 et février 2016 alors que les encours de CSL ont diminué de près de 3 %, et ceux de Livret A et de LDD – épargne réputée liquide (comparable aux DAV) et sans risque[4] - ont diminué (-3,82 %). Tous ces éléments sont symptomatiques d’un changement de comportement individuel : la préférence (absolue) pour la liquidité se manifeste par la hausse des encours de DAV au cours de deux dernières années, alors que ceux des autres produits de l’épargne court-terme (CSL dont Livret A et LDD, et DAT < 2 ans) ont baissé, de manière plus ou moins prononcée.

trappe à liquidité évolutions des encours de livret A et LDD livret développement durable et de DAV des ménages

Face au « piège », des propositions de politiques non conventionnelles

Les mesures conventionnelles ne fonctionnent plus : la Fed et la BCE ont déjà baissé leur taux directeur respectif à tel point qu’elles ne peuvent plus aller en deçà, sans que cela n’ait permis de relancer l’économie. La BCE a alors eu recours à des politiques non conventionnelles, comme l’assouplissement quantitatif (QE)[7].

Face à ces mesures, certains experts semblent dubitatifs. En effet, même si l’assouplissement quantitatif (Quantitative Easing : QE) peut être jugé nécessaire, il n’est pas pour autant suffisant[8]. Autrement dit, le QE aurait permis de soutenir l’économie européenne, mais la reprise reste limitée et l‘inflation faible, accompagnée d’une stagnation des salaires nominaux. Par ailleurs, à l’aune d’une analyse coûts-bénéfices, d’autres mesures, potentiellement moins coûteuses et/ou plus efficaces pourraient être mises en place[9], comme la monétisation directe d’investissements publics efficaces, ou plus surprenante l’« helicopter money »[10] qui consiste en une création de monnaie par la Banque Centrale, qui est ensuite distribuée directement aux ménages dans le but de stimuler l’économie, sans passer par le système bancaire. Cette alternative est d’ailleurs pour certains plus « plus proche qu’on ne le pense »[11], notamment auprès du gouvernement japonais qui envisage de distribuer des « shopping vouchers » (bons d’achat ou chèques cadeaux) aux ménages pour stimuler la consommation[12].

Sia Partners

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