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17/10/2016

Forces et faiblesses d’un modèle « global asset manager »

Selon l’AFG, la France compte aujourd’hui plus de 600 sociétés de gestion d’actifs, parmi lesquelles des grands gestionnaires qui ont amorcé un mouvement de globalisation depuis longtemps. Quid des autres sociétés de taille moyenne (moins de 100m€ d’actifs) représentant 98% du panorama français et dont l’expertise n’est plus à prouver ? Ont-elles intérêt à se développer à l’international et diversifier leur portefeuille ?

Forces d’un modèle « global asset manager »

Parce que l’internationalisation des sociétés de gestion implique une diversification tant géographique que sectorielle de leurs actifs, un global asset manager attire de facto plus de clients qu’ils soient issus de la banque de détail ou de la banque privée.  Ce dernier offre la possibilité d’investir dans la plupart des grandes catégories d’actifs traditionnels ou alternatifs sans avoir à se soucier de leur ratio d’empreinte. Outre la diversité de l’offre, les solutions multi-stratégies permettent de tirer parti de toutes les opportunités d’investissement au niveau mondial. Ainsi, la collecte sur les fonds «cross border» en Europe a augmenté de plus de 70% entre 2010 et 2014 contre à peine  17% sur les fonds domestiques.

Dans un secteur déjà fortement concentré entre quelques grands acteurs, l’internationalisation permet aux sociétés de gestion d’accélérer leur course à la taille critique, indispensable pour obtenir des référencements sur certaines plateformes de distribution mais aussi attirer les grands investisseurs institutionnels à la recherche d’un acteur global. D’un point de vue opérationnel, la croissance des encours peut aussi être vectrice d’économies d’échelle significatives et de réduction des coûts dans un contexte où les gestionnaires voient leur marge s’éroder à cause d’une concurrence plus qu’accrue, et leur frais de fonctionnement augmenter sous le poids d’une réglementation plus stricte en matière de reporting et de transparence.

Par ailleurs, si la globalisation passe par une croissance externe, elle induira forcément l’acquisition d’une nouvelle expertise qui viendra renforcer l’activité commerciale grâce à une offre complémentaire couplé à un meilleur maillage territorial du réseau de distribution. A titre d’exemple, en acquérant le gestionnaire de fonds américain Aberdeen en 2013, Artio Global Investors a pu développer ses activités en Amérique du Nord, avec une extension de son réseau de distribution et un renforcement de ses capacités dans le Fixed Income.

Avec une offre plus riche, des réseaux de distribution plus denses, une meilleure optimisation des coûts de gestion, les acteurs développant une offre large et une présence mondiale devraient être à même d’acquérir des parts de marché supérieures à celles des acteurs limitant leur activité au marché local malgré une expertise reconnue.

Faiblesses d’un modèle « global asset manager »

«Une gestion benchmarkée sans saveur» telle est parfois qualifiée l’activité des Global Asset Managers en opposition aux petites et moyennes sociétés de gestion qui mettent en avant une meilleure expertise sur leur univers d’investissement. Qu’ils soient géographiquement proches ou lointains, chaque marché présente une mosaïque de réalités très différentes tant en termes d’objectifs de gestion, d’allocation d’actifs ou de culture. La conquête de nouveaux pays, clients, produits ou canaux de distribution représente alors un réel défi stratégique qui peut se solder par un échec.

Ce défi stratégique se double de défis opérationnels multiples, à commencer par la nécessité de s’adapter aux contraintes règlementaires et contractuelles locales. La demande des investisseurs exige aujourd’hui une meilleure transparence des risques obligeant les Global Asset Managers à se plier aux meilleurs standards de qualité propres à chaque pays : processus de délégation assez lourds en termes de description des procédures, reporting plus fréquents et exigeants.

Quant aux gains escomptés, la diversification peut très vite montrer ses limites surtout quand les marchés financiers sont totalement intégrés et donc corrélés. A contrario, le risque de change vient s’ajouter aux risques d’investissement sur la société elle-même puisque chaque investissement dans un actif étranger est un investissement dans la performance de la monnaie domestique par rapport à la monnaie étrangère.

Finalement, l’internationalisation apparait plus comme un défi stratégique et méthodique qu’une faiblesse pour les gestionnaires d’actifs. D’ailleurs, les barrières à l’entrée sont telles que seules 5% des sociétés de gestion françaises (hormis les plus grandes) ont initié une telle démarche. Cependant, la courbe d’expérience commence à se construire et des évolutions réglementaires comme le label UCITS (Undertakings for the Collective Investment In Transferable Securities) favorisent le développement à l’international qui s’imposera à terme comme une tendance structurelle dans la gestion d’actifs.

Sia Partners

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