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29/11/2016

La revue fondamentale du Trading Book : un demi-soulagement pour les banques

Le Comité de Bâle a publié en Janvier dernier les standards pour « Les exigences minimum en capital au titre du risque de marché » aussi appelés la Revue Fondamentale du Trading Book (FRTB en anglais). Ce texte final vient achever des travaux de consultations itératifs avec la place qui avaient démarré en novembre 2013.

Ce texte, extrêmement structurant, était attendu de pied ferme et non sans appréhension par les banques qui vont pouvoir, dès maintenant et sans attendre sa transposition en droit européen, commencer les travaux liés à son implémentation.

La Revue Fondamentale du Trading Book s’articule principalement autour de 3 Piliers : la revue de la frontière entre le banking book et le trading book, la revue de l’approche standard ainsi que la revue de l’approche modèle interne.

Le renforcement de la frontière Banking book vs. Trading book

Pour rappel, les banques peuvent classer leurs actifs soit dans le banking book (portefeuille bancaire), soit dans le trading book (portefeuille de négociation). Le premier doit comporter l’ensemble des actifs qui ont vocation à être détenus jusqu’à échéance alors que le second doit enregistrer l'ensemble des actifs détenus à des fins de négociation à court/moyen terme, ou dans un but de couverture des positions de trading.

Les règles prudentielles, fixant les exigences en capital réglementaire diffèrent selon le poste où l’actif se situe. En effet, un actif du banking book sera traité sous l’approche risque de crédit alors qu’un actif du portefeuille de négociation sera traité sous l’approche risque de marché. L’objectif du Comité de Bâle était donc de renforcer la frontière entre ces deux portefeuilles : en précisant leurs définitions d’une part et en dissuadant les arbitrages entre trading et banking d’autre part.

Pour répondre à ce premier objectif, le Comité a établi une liste de présomptions d’instruments devant figurer dans le trading book ou devant en être exclus.

Les arbitrages sont, quant à eux, limités par des règles strictes de transferts entre books. En effet, afin de transférer un actif d’un book à l’autre, les banques devront désormais monter un dossier soumis à l’approbation du superviseur et rendre public ce transfert. De plus, si la charge en capital liée à un instrument ou à un portefeuille s’en trouvait diminuée, cette différence (mesurée à l’instant du transfert) deviendrait alors une charge additionnelle en capital fixe du Pilier I.

Revue de l’approche standard

Le Comité de Bâle propose aussi par ce texte une révision de l’approche standard pour favoriser la comparabilité et l’homogénéité du risque de marché entre différentes banques et juridictions.

Cette dernière est désormais constituée de trois composantes : la méthode basée sur les sensibilités (Sensitivities Based Method), la charge pour le risque de défaut (Default Risk Charge), et une charge additionnelle pour le risque résiduel (Residual Risk add-on).

La méthode basée sur les sensibilités reprend des éléments de l'ancienne méthode standard de mesure des risques de marché, qui autorisait l'utilisation de sensibilités pour certains traitements au sein d'une classe de risque et pour certains instruments et étend son utilisation.

La DRC en standard est calquée sur le traitement du risque de crédit dans le banking book afin de réduire l’écart des exigences en fonds propres pour des expositions similaires quel que soit le portefeuille dans lequel elles se trouvent.

Même si la calibration reste encore à définir, l’approche standard servira de plancher à l’approche modèle interne pour les exigences en capital au titre du Pilier I.

L’approche modèle interne

L’approche modèle interne a également subit son lot de changements. Désormais, suite à la validation du modèle au niveau banque, chaque trading desk souhaitant utiliser cette approche devra passer un test d’éligibilité (basé sur le P&L attribution et le back-testing) sous peine de devoir utiliser l’approche standard. A noter que toutes les expositions relatives à la titrisation ne sont pas éligibles à l’approche modèle interne et devront être traitées en standard.

La sensibilité au risque des modèles est améliorée avec l’introduction de plusieurs horizons temporels pour mieux intégrer le risque d’illiquidité de certains instruments et l’utilisation de l’Expected Shortfall (ES) en lieu et place de la VaR (Value at Risk), plus procyclique. Ce changement permet, par définition, de mieux capturer les pertes extrêmes. Chaque facteur de risque utilisé pour le calcul de l’ES, défini comme une variable mesurable pouvant affecter le prix d’un actif, par exemple le taux de change, le taux d’intérêt ou le prix marché, devra être analysé. Pour être considéré comme modélisable et ainsi ne pas tomber dans un add-on de capital stressé, le facteur de risque devra être basé sur des prix réels et vérifiables, a minima 24 par an et avec au maximum 1 mois entre deux observations. Cela implique donc un challenge opérationnel puisque les banques devront désormais procéder à une historisation massive des prix observés.

Les expositions présentant un risque de défaut (crédit ou equity) seront, quant à elles, traitées via la DRC (Charge pour risque de défaut).

Un des premiers enjeux pour les banques sera de relever le défi opérationnel induit par cette réforme. En effet, celles utilisant l’approche modèle interne seront désormais tenues de calculer également leurs exigences en capital sous l’approche standard, ce qui demandera des ressources informatiques notamment pour calculer les sensibilités sur chaque position, outre l’historisation sur 10 ans des prix des positions traitées sous l’ES.

Certains éléments de calibration restent encore à définir, la réforme n’étant effective qu’à partir du 01/01/2019, mais les premières estimations du Comité de Bâle font déjà état d’une augmentation conséquente des RWA puisqu’il estime à 40% en moyenne l’augmentation induite des exigences en fonds propres.

Sia Partners

 

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