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11/07/2017

Le digital, une révolution pour le monde de la banque privée

Suite à la crise financière de 2008, les banques privées se sont tenues à l’écart de tout investissement dans des projets digitaux en raison d’une réduction de leurs marges et de leurs revenus. Aujourd’hui, avec la concurrence des fintechs qui prennent de plus en plus de parts de marché, elles n’ont plus d’autre choix que d’amorcer leur virage digital. Quels sont les enjeux auxquels sont confrontées les banques privées et comment le digital peut-il apporter une réponse?

Un environnement complexe favorable à la mutation en banque privée

Les acteurs de la banque privée sont aujourd’hui confrontés à trois grandes problématiques : des enjeux économiques, une réglementation accrue et une évolution des attentes des clients.

Les enjeux économiques

Dans un contexte de taux bas et avec des clients de plus en plus prudents investissant dans des produits moins risqués et donc moins rémunérateurs, les banques privées font face à une réduction de leurs marges impliquant une pression sur les coûts opérationnels. Par ailleurs, la concurrence est de plus en plus forte, non seulement entre les banques privées mais aussi et surtout avec les fintechs dont le nombre a plus que doublé entre 2012 et 2015.

Une réglementation accrue

L’entrée en vigueur de nouvelles réglementations telles que MIFID 2 bouleverse le business model des banques privées. La mise en conformité est complexe dans la mesure où elle implique non seulement une modification de la structure de rémunération des banques (avec la fin des rétrocessions) mais également des coûts liés à la mise en place de nouveaux systèmes d’information, processus et contrôles.

Une évolution des attentes des clients

Les clients sont de plus en plus exigeants et n’hésitent plus à diversifier l’allocation de leurs actifs entre plusieurs banques privées afin de réduire leur risque et de maximiser leur rendement.

De plus, l’essor des fintechs donnent de nouveaux repères aux clients qui accordent une importance grandissante à l’immédiateté et la simplicité d’utilisation des services. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’appétence pour le digital ne se limite pas à une clientèle de jeunes entrepreneurs de la génération Y. Les seniors sont tout aussi demandeurs, à la recherche d’un service à la fois efficace et à forte valeur ajoutée.

Enfin, dans un contexte de défiance envers les institutions, les clients sont demandeurs de transparence et d’objectivité dans le conseil prodigué.

Le digital, un moyen d’allier rentabilité et satisfaction client
 

Dans cet environnement complexe, le digital est un des éléments de réponse aux enjeux d’accroissement des revenus et d’efficience opérationnelle.

Les banques privées peuvent s’allier aux fintechs, et utiliser des outils de robotisation et d’intelligence artificielle conçus par elles, afin de conquérir la clientèle privée. Elles peuvent notamment faire du scrapping (récolter de la donnée non structurée) sur les réseaux sociaux, analyser ces données, en déduire la satisfaction des clients et concevoir des services personnalisés au plus proche de leurs besoins.

Par ailleurs, les robo-advisors, proposant un service de gestion automatisée de portefeuille, sont un bon moyen de conquérir et de fidéliser une clientèle friande d’un conseil simple et efficace ainsi que d’une tarification réduite et transparente. C’est le cas d’UBS, qui a lancé son robo-advisor «UBS SmartWealth » en novembre 2016 (au Royaume-Uni dans un premier temps).

Robo-advisors : Nombre d’entreprises créées depuis 2008 – Plateformes pures

Robo-advisors : Nombre d’entreprises créées depuis 2008 – Plateformes pures

Robo-advisors : Nombre d’entreprises créées depuis 2009 – Plateformes avec assistance d’un conseiller

Robo-advisors : Nombre d’entreprises créées depuis 2009 – Plateformes avec assistance d’un conseiller

Source: Tracxn Report – Décembre 2016

Enfin, les banques privées pourraient gagner en efficacité opérationnelle en digitalisant les tâches administratives à faible valeur ajoutée (e-signature, coffre-fort numérique, etc.) et en simplifiant leurs processus. Quant aux banques privées adossées à une banque universelle, elles pourraient capitaliser sur le partage des systèmes d’information avec la banque de détail afin d’optimiser les coûts.

En somme, la transformation digitale va faire évoluer le business model des banques privées, en induisant notamment une modification du métier de banquier privé. Son rôle se rapprochera davantage de celui d’un family office, comme un véritable « chef d’orchestre » de la gestion de fortune.

Sia Partners

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