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22/08/2017

Brexit : L’attractivité française

L’attractivité française est au cœur du débat politique depuis le vote britannique de juin 2016 en faveur du Brexit. Parmi les différentes places financières européennes pouvant accueillir des activités financières britanniques, il est communément admis que les favorites sont : Luxembourg, Dublin, Francfort et Paris.

L’attractivité des différentes places financières face au Brexit

Si personne n’est en mesure de dresser les conséquences du Brexit, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut agir vite. Tant pour les entreprises britanniques, qui vont potentiellement perdre leur passeport européen, que les places financières étrangères,  qui doivent anticiper les délocalisations de certaines activités britanniques.

Si la plupart des gestionnaires d'actifs au Royaume-Uni ont déjà des bases au Luxembourg ou à Dublin, ces derniers devront tout de même jouer le jeu en créant de véritables filiales et en déplaçant leurs équipes dans l’Union Européenne pour pouvoir exporter vers ses Etats membres.

Devant ces bouleversements, les places financières ont pris les devants et, toutes, lancent des initiatives pour promouvoir leurs atouts. Chacune dispose d’arguments qui peuvent résonner plus ou moins fort auprès des établissements souhaitant déplacer des activités.

Attractivité des différentes places financières

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Les atouts de Paris pour attirer les entreprises britanniques

Paris et Francfort sont des grands marchés en termes d’encours sous gestion. Avec 3,6 trillions d’euros sous gestion et 650 sociétés de gestion, Paris est la 2ème place européenne pour la gestion d’actifs. D’où le regain d’intérêt et le début des négociations entre le Gouvernement et des dirigeants financiers afin de rendre la place parisienne la plus attractive possible au travers de réformes ambitieuses.

Si l’on se penche sur le cas français, il apparaît que Paris – à l’instar de Londres - possède des atouts indéniables comme :

une main d’œuvre qualifiée et un savoir-faire reconnu en particulier en gestion d’actifs

des infrastructures comprenant notamment le plus grand centre d’affaire européen situé à La Défense

4 banques d’envergure et Euronext (2ème place de cotation européenne)

une qualité de vie reconnue dans un environnement stable et sécuritaire

Les réformes fiscales françaises jugées positives par la place financière britannique...

Si la qualité de vie est un facteur important quant à la possible relocalisation d’établissements financiers et de leurs travailleurs, il n’en demeure pas moins que celle-ci induit un coût non négligeable qui risque bien d’être un frein à l’attractivité française.

En effet, le droit du travail et la fiscalité sont loin d’être aussi flexible qu’à Londres. Le taux d’imposition des sociétés de 33% et les contrats de travail français à durée indéterminée sont perçus comme trop rigides.

Le Gouvernement, conscient de ces faiblesses, tente d’impulser des réformes et d’adopter une attitude proactive (publication par l’Association Française de la Gestion d’un livre blanc d’état des lieux proposant des leviers d’action). En outre, le projet loi de finances qui vient d’être voté en mars 2017 prévoit à l’horizon 2020 une baisse du taux d’imposition des sociétés de 33% à 28%. Dans une même perspective cette loi rallonge de 3 ans la durée du régime avantageux des impatriés - jusqu’à présent limitée à 5 ans - dont peuvent profiter les nouveaux salariés étrangers ayant pris leurs fonctions après le 6 juillet 2016.

… mais son inquiétude demeure quant au droit du travail français, perçu comme trop rigide

Malgré ces évolutions fiscales positives, c’est surtout le droit du travail et, plus particulièrement, la difficulté du licenciement en France (difficulté également présente en Allemagne), qui reste un point de préoccupation pour les entreprises financières britanniques.

La finance et les métiers de la banque d’investissement recherchent une souplesse et une flexibilité incompatibles avec le contrat de travail français à durée indéterminée. La loi « EL Khomri », bien que perçue de manière positive dans les sphères financières britanniques, reste encore insuffisante pour de nombreux directeurs de banques à Londres en comparaison aux 3 jours qui leur suffisent à licencier un salarié.

Les projets de réforme du code du travail sont donc regardés avec attention afin de voir quel cadre ils vont offrir. Dans l’attente, les directeurs d’établissement financiers seront réticents à transférer une importante partie de leur effectif en France. Et cela, même si Paris possède de nombreux avantages qui font de la France un candidat potentiel avec de nouveaux atouts.

 

Sia Partners

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