• Print
  • Decrease text size
  • Reset text size
  • Larger text size
10/10/2017

La seconde génération de robo-advisors, un pont entre l’IA et la gestion patrimoniale

Les progrès technologiques de l’intelligence artificielle et un meilleur ciblage de la clientèle permettront sans aucun doute l’avènement de ces conseillers financiers artificiels.

L’essor des robo-advisors dans le marché de la gestion d’actifs

La technologie des robo-advisors apparaît comme prometteuse pour de nombreux professionnels. Pourtant ses débuts, bien qu’encourageants, ne suscitent pas une adhésion franche des épargnants, notamment en France où les encours sous gestion sont toujours assez faibles (213 millions de dollars) et où l’appétence technologique est moins prégnante, par exemple, qu’en Asie où plus d’un milliard de dollars est sous gestion par des robo-advisors rien qu’à Singapour.

Le 27 juin dernier, le Financial Stability Board (FSB) a révélé, dans son étude « Financial stability implications from Fintechs », sa conviction que le phénomène des Robo-advisors pourrait avoir un impact positif sur la stabilité financière dans les années à venir. En effet, les frais d’utilisation des robo-advisors étant en moyenne 50% plus basse que celle des gestionnaires d’actifs, c’est l’ensemble du marché qui verrait ses prix à la baisse, améliorant son efficience et le rendant plus accessible. La banque Morgan Stanley estime ainsi que les actifs sous gestion des robo-advisors se décupleront pour atteindre 1 000 milliards de dollars en 2020.

Fort de cette même conviction, et dans le cadre de sa démarche prospective bâtie sur les Use Case, Sia Partners a eu l’occasion d’accompagner, en partenariat avec l’école des Ponts Paris Tech, un groupe de quatre étudiants dans la création d’un robo-advisor. L’objectif de ce projet pédagogique étant de concevoir un service bancaire intelligent en utilisant la technologie robo-advisor et d’appréhender les avancées que celle-ci pourrait connaître au cours des prochaines années.

En travaillant sur l’intelligence artificielle et en se fiant aux exigences des épargnants, le projet s’est basé sur une approche customer centric afin de proposer aux clients des produits financiers liés à la fois à leurs objectifs de rendement/risque mais aussi aux secteurs d’activités sur lesquels ils souhaitent investir. Tout en choisissant un panel d’actifs à proposer, c’est l’exploitation des données fournies par les clients qui permet de leur proposer un portefeuille personnalisé et unique, répondant à leurs attentes.

Si les plateformes robo-advisors sont en plein essor en Europe et surtout aux Etats-Unis, les produits financiers aujourd’hui proposés ne sont pas encore très diversifiés. Pour répondre à cette problématique, le second objectif de ce POC[1] a été d’élargir le spectre de produits financiers proposé en créant un panel de produits disponibles plus complexes que ceux utilisés actuellement sur le marché des robo-advisors.

En travaillant sur les potentiels axes d’optimisation de la technologie des robo-advisors, Sia Partners s’est forgé la conviction que ce nouveau type de plateformes de gestion d’actifs prendra une place significative dans le paysage financier de demain grâce à l’émergence d’un nouveau business model.

L’intelligence artificielle au service de la clientèle mass affluent

Aujourd’hui, les robo-advisors ne gèrent qu’une part infime du montant global de l’épargne, mais leur évolution et l’utilisation de l’intelligence artificielle devrait leur permettre d’accéder à une part de la population jusqu’alors inexploitée, en leur proposant des produits plus complexes et personnalisés.

Si les particuliers les plus aisés ont accès à des services de gestion privée, ce n’est pas forcément le cas du segment  haut de clientèle dit mass affluent, ayant une capacité d’investissement réelle, mais qui ne peuvent recourir aux services de gestionnaires de patrimoine faute d’atteindre les seuils d’investissements minimaux ou découragés par les frais et commissions élevés. C’est pourquoi cette classe de population représente le marché cible pour les robo-advisors dont les frais sont moins élevés et sans barrière à l’entrée.

Si le principal avantage des gestionnaires de patrimoine est de proposer une allocation d’actifs sur-mesure, les robo-advisors actuels proposent pour le moment des solutions plus standardisées. Toutefois, l’utilisation de l’intelligence artificielle devrait ouvrir la voie à un paramétrage très fin et complètement personnalisé grâce à l’exploitation des données du client.

En outre, les robo-advisors ne proposent aujourd’hui que des produits financiers standards (principalement des Exchange Traded Funds ou ETF[2]), du fait de leurs frais peu élevés. Cependant, une partie de la clientèle souhaiterait avoir accès à une gamme d’actifs plus diversifiés en termes de rendement et de risque. La tendance se dirige cependant, désormais vers la diversification et l’augmentation des actifs proposés, rendant les robo-advisors encore plus attractifs.
 

Sia Partners

Notes & Références:

[1] Un Proof Of Concept est un projet expérimental et court visant à démontrer la valeur d’un projet plus ambitieux et coûteux avant que celui-ci soit lancé

[2] Les ETFs ont pour objectif de répliquer les variations d’un indice, à la hausse comme à la baisse. Il s’agit donc d’une gestion passive permettant au produit d’avoir une variation similaire à celle de son sous-jacent, sans aucune intervention stratégique pour tenter de surperformer l’indice. Le gestionnaire du fonds se limite ainsi aux activités administratives comme l’encaissement de dividendes ou la transposition de divisions de titres. Il intervient de façon très limitée sur l’ETF et par conséquent les frais de gestion sont moins élevés que les fonds gérés de manière active. Source : Bourse de Paris

0 commentaire
Poster un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères affichés dans l'image.
Back to Top