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20/10/2017

Le bitcoin et ses impacts financiers : la future devise supranationale ?

Le paiement par bitcoin, première crypto-monnaie, se démocratise. D'où provient la confiance placée dans une devise ni émise ni garantie par un état ?

Première  crypto-monnaie aussi connue que méconnue

Sur les huit dernières années, tout le monde a entendu parler de bitcoins, peu ont véritablement compris leur mécanisme. Pourtant le volume d’échange reconnu relatif aux crypto-monnaies indique que la popularité de ces monnaies est croissante. En l’état, il serait légitime de s’interroger : comment une série de chiffres et de nombres peut-elle avoir la moindre valeur d’échange ?

Quand on échange un lingot d’or avec un tiers, ce tiers est certain que ce lingot n’a pas été créé ex nihilo, ni qu’il va être dépensé deux fois par le même acheteur, puisqu’il y a un échange physique du lingot. A l’inverse, échanger un code digital ne peut pas reposer sur ce mécanisme, puisque ce code peut être créé sans effort, dupliqué et envoyé à différents vendeurs au même instant. Le problème pourrait être résolu par la tenue d’un registre central des comptes. Cependant, rien n’empêche que celui-ci ne soit falsifié par la banque ou que les frais de tenue de compte demandés ne soient importants. Avec le bitcoin, la technologie blockchain se substitue au certificateur intermédiaire habituel. Chaque échange d’un bitcoin ajoute un bloc d’information, codé et authentifié, si bien que l’infalsifiabilité de la monnaie est assurée par les utilisateurs de tout le système (pour aller plus loin sur l’aspect technique, voir  Blockchain technology).

 Le bitcoin, un vecteur de confiance ?

Une seconde question survient alors : pourquoi faire confiance à une monnaie dépourvue de cadre juridique ? Le bitcoin n’est pas reconnu comme devise officielle dans de nombreux pays[1]  et peut donc y être refusé en tant que monnaie d’échange. De plus, si la valeur d’une monnaie est soutenue par la balance commerciale d’un pays, ainsi que par la politique monétaire d’une banque centrale, la valeur d’un bitcoin n’a d’autre valeur que celle de l’offre et de la demande.

Les réserves d’or détenues par les banques centrales, ainsi que la confiance des marchés en la volonté de la Réserve fédérale des États-Unis de maintenir des taux accommodants, régulent le cours du dollar. Par définition, le bitcoin ne peut pas bénéficier d’organismes régulateurs : tout le programme d’inflation/déflation du bitcoin est inscrit au sein du bloc 0, dans la structure même de la crypto-monnaie. Si une politique monétaire peut parfois s’avérer imprévisible, un algorithme ne peut pas l’être. Programmé pour ne jamais excéder plus de 21 millions de bitcoins en circulation, l’offre s’accroit à un rythme décroissant. Cette croissance logarithmique a pour but d’encourager la fidélité des premiers utilisateurs, et de reproduire la vitesse d’extraction des métaux précieux. Ce n’est pas par hasard que le terme « mining » désigne aussi bien la pratique d’extraction de l’or, que le procédé de création et de sécurisation des bitcoins.

Le paiement par bictoin, une alternative aux moyens de paiements traditionnels ?

La valeur intrinsèque du bitcoin tient dans la confiance des investisseurs à long-terme dans les perspectives de sa technologie sous-jacente[2]

Le paiement par BTC (Bitcoin) s’avère peu coûteux, rapide, authentifié et sécurisé. De plus, toute manipulation humaine est exclue : ni utilisation intensive de la planche à billet, ni collecte potentielle d’informations privées.

Cependant, pour le moment, il est difficile d’envisager le bitcoin de la même manière qu’une devise ordinaire[3]

La principale caractéristique d’une devise est d’être stable, afin de minimiser le risque de change d’un investisseur. Or le cours du bitcoin est très volatile : en mai 2017, la valeur du bitcoin a varié de plus de 25% en deux jours, tandis que le cours Euro / Dollar a fluctué d’environ 3% sur le mois entier. Cette volatilité s’explique par de nombreuses raisons :

Une difficulté à évaluer correctement la valeur intrinsèque de la devise sans base monétaire disponible

L’éclatement de différents scandales politiques (notamment, récemment, l’interdiction de la Chine de négocier du bitcoin sur son sol)

Les inquiétudes élevées sur l’infalsifiabilité réelle de la technologie

Cependant, cette volatilité diminue chaque année, si bien qu’il serait légitime de se demander si le bitcoin ne pourra pas être considéré comme une devise à part entière lorsque, une fois un consensus sur son potentiel atteint, sa valeur se stabilisera (tout comme se stabilise toute technologie très médiatisée lorsqu’elle atteint son plateau de productivité dans un cycle dit Hype[4]).

Une autre cause qui freinerait son adoption serait la limite maximale d’opérations possibles par seconde sur ce réseau blockchain : fin avril 2017, environ 3 à 4 transactions par seconde pouvaient être gérées simultanément, tandis qu’en comparaison Visa peut en traiter jusqu’à 1667[5].

L’adoption du consensus Segwit fin août pourrait permettre d’augmenter la capacité de traitement de chaque transaction. Mais la technologie est peut-être encore trop immature aujourd’hui pour être véritablement considérée autrement que comme une classe d’actifs dont la principale vocation est davantage spéculative que monétaire. 

Sia Partners

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