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27/11/2017

L'évolution des sources de revenus des banques françaises entre 2009 et 2016

En 2009, les principales banques françaises - BNP Paribas (BNPP), BPCE, Crédit Mutuel (CM), Groupe Crédit Agricole (CA), La Banque Postale (LBP) et Société Générale (SG) - parvenaient à générer plus de 203 bps (145 721 M€) de Produit Net Bancaire (PNB) pour un bilan total de 6 554 253 M€. En 2016, ce ratio est tombé à 196 bps avec un bilan d’encours total géré de 7 440 388 M€ selon les analyses de l’Observatoire des Banques de Sia Partners.

Au-delà de cette baisse de performance commerciale, le poids des composantes du PNB a changé entre 2009 et 2016. Ainsi, comment la répartition des différentes sources des revenus nets des banques françaises a-t-elle évolué?

 

Pour une visualisation interactive, cliquez sur le lien et mettez le Tableau en plein écran

Une MNI dont le poids dans le PNB est en baisse, mais qui en reste toutefois la composante principale

Au-delà de cette baisse du poids de la MNI dans le PNB, la plupart des banques de l’échantillon connait une baisse de la MNI en termes absolus entre 2010 et 2016. Il est à noter que cette baisse varie d’une banque à l’autre - elle n’est pas linéaire et a d’ailleurs pu être entrecoupée de hausses plus ou moins ponctuelles, comme il est possible de le constater dans la partie 2 du tableau présenté ci-dessus. Par ailleurs, Groupe Crédit Agricole est la banque pour laquelle la composante MNI a le poids le plus important : elle représente plus de 63% de ses revenus nets en 2016 contre seulement 37% pour la Société Générale.

La bonne résistance du poids des commissions dans le PNB, malgré le plafonnement des commissions d’intervention bancaire

Il est à noter que malgré le plafonnement des commissions d’intervention bancaire en 2014, le volume des commissions a augmenté entre 2013 et 2016 de 0,73 points (1 400 M€ environ) – ce qui confirme la diversité des sources des commissions. Cela est notamment dû à la bonne collecte de l’assurance vie et la résistance des financements spécialisés moins sensibles aux variations de taux de la BCE, ainsi qu’au contexte plus général de taux bas, laissant place à une vague de renégociation de prêts générateurs de frais sur service. A noter que la Banque Postale est l’acteur de notre échantillon dont le poids des commissions dans le PNB est le plus important : 43% des revenus nets en 2016.

Hausse du poids des revenus sur les opérations financières après un net recul en 2011

Avec 28% du PNB issus des ROF en 2016, la Société Générale est la banque dont les revenus nets dépendent le plus de ses activités de marché. Au contraire, La Banque Postale est l’acteur le moins générateur de revenus nets liés à ses opérations financières (3% de son PNB issus des ROF en 2016)

Quelles perspectives d’évolution ?  

« Les établissements investissent dans des projets autour des moyens de paiement afin que cette source de commissions ne se tarisse pas sous l’effet de l’arrivée de nouveaux acteurs », souligne déjà Yves Grégoire dans un article de revue-banque en 2016.

En effet, l’arrivée de nouveaux acteurs, notamment dans l’univers des paiements (Lendix, Revolute) et de la tenue de comptes (Orange Bank, N26…), représente une menace pour les sources de revenus des banques traditionnelles liées aux commissions. En intégrant nouvelles technologies et infrastructures légères, ces nouveaux acteurs proposent des services aux tarifs concurrentiels avec une expérience client renouvelée et simplifiée.

Au contraire, la hausse potentielle à venir des taux de la BCE peut représenter une nouvelle source de marge d’intérêt pour les banques, notamment si elle se traduit par une accentuation du spread entre le refinancement à court et à long terme. Reste à déterminer comment les banques s’adapteront à la situation inédite que représente ce scénario.

A plus long terme, « Il faudra agir sur la gestion du coût du risque et des frais généraux », prédit Yves Grégoire, afin d’améliorer non pas la performance en termes de revenus mais en termes de rentabilité financière.

Sia Partners

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