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14/12/2017

L’essor des RegTechs en Europe

Dans un environnement réglementaire restant très dense, les banques européennes continuent à faire face à de nombreux défis : un flux réglementaire important dans la mesure où les réglementations nouvelles ou révisées font pression pour produire d'énormes quantités de données, des coûts réglementaires élevés rendant les banques incapables d'investir beaucoup dans le développement et l'innovation de leurs systèmes informatiques, des délais stricts entraînant des réponses vers une conformité réglementaire tactiques plutôt que stratégiques, de nombreux systèmes en silos compliquant la gestion, l'extraction et la communication rapide des données aux régulateurs, et enfin l’incapacité de la plupart des logiciels informatiques actuels de la Banque à faire face aux attentes réglementaires évoluant rapidement.

L’émergence d’un nouveau secteur au service des banques et des régulateurs – Les RegTechs

Compte tenu de la nécessité de devoir répondre rapidement à un large spectre de mise en conformité demandé par les régulateurs (aussi bien au niveau des enjeux KYC et LCB-FT que du respect des réglementations en vigueur qui touchent l’ensemble des lignes métiers et des fonctions supports), l’émergence des RegTechs est suivie de près par les groupes bancaires afin d’identifier des solutions leur permettant de répondre à leurs besoins croissants d’automatisation, de fiabilité, de contrôle ainsi que de transparence et de communication avec le régulateur.

Bien que l’offre de ces acteurs au sein du secteur bancaire semble mieux se dessiner depuis le début de l’année 2017, plusieurs questions persistent : Combien de RegTechs sont présentes sur le marché européen ? Comment se positionnent-elles pour répondre aux besoins des banques ? Quels sont les avantages et les freins vis-à-vis du régulateur ?

Devant l’essor de ce nouveau secteur, Sia Partners a réalisé un benchmark, en collaboration avec l’AEC Fintech, de 89 RegTechs[1] basées en Europe, permettant d’avoir une meilleure compréhension de leurs « business models » et des technologies sur lesquelles repose leur offre.

Pour une visualisation interactive, cliquez sur le lien et mettez le Tableau en plein écran

Les principales tendances de l’étude sur les RegTechs

Cette étude fait ressortir trois tendances majeures.

La première est liée à l’ancienneté et la situation géographique de ces RegTechs. Celles-ci restent relativement jeunes, d’au maximum une quinzaine d’années, sachant que la majorité d’entre elles ont été créées après 2008 (76 RegTechs du benchmark ont leur date de création en ou après 2008), alors que l’environnement réglementaire devenait plus contraignant pour les institutions financières.

D’autre part, celles-ci se situent majoritairement en Europe Occidentale et principalement au Royaume-Uni puisque 47% des RegTechs du Benchmark sont britanniques.

Représentant plus de 58,65% du benchmark, les banques sont les clients majoritaires des RegTechs. De manière plus large, les autres clients majeurs sont les fonds d’investissements, les assurances, les gestionnaires d’actifs, etc.

La deuxième tendance est liée aux technologies utilisées : le « Cloud / Big Data » et l’intelligence artificielle se distinguent nettement en comparaison aux autres technologies. En effet, le big Data est historiquement utilisé par de nombreuses entreprises pour rassembler leurs données et est donc plus facile à mettre en œuvre que la technologie Blockchain qui apparait comme plus révolutionnaire et plus récente par exemple.

La troisième tendance est liée à l’offre du marché. Les RegTechs de ce benchmark ont été répertoriées en 8 catégories correspondant à leur offre unique ou principale. Quatre de ces catégories constituent à elles seules les deux tiers de l’offre du marché : Identity management & control (KYC et onboarding client), Regulatory Reporting (solution permettant d’envoyer automatiquement les reportings aux régulateurs), Risk Data Management (qualité et analyse des données risque), et Transaction Monitoring (détection des fraudes et cyber-criminalité)

regtech AEC Fintech and Sia Partners’ understanding, knowledge and experience on REGulatory and TECHnologies: reporting réglementaire technologique kyc accueil client gestion des risques détection des fraudes et cyberciminalité

Les 4 catégories qui constituent les deux tiers de l'offre du marché Regtech

Certaines technologies ressortent également plus nettement selon les catégories. En effet, la technologie blockchain semble être privilégiée pour optimiser les processus KYC. Par nature infalsifiable et auditable, elle pourrait permettre aux acteurs financiers de partager les documents de leurs clients en s’assurant de leur validité et de leur conformité via une base de données partagée. Ainsi, chaque institution ne répèterait pas le processus de vérification d’un client déjà effectué par un autre acteur.

Sur d’autres enjeux, comme les reportings réglementaires, certaines RegTechs proposent une solution automatisée permettant d’optimiser la production de ces reportings en convertissant les données au format attendu par le régulateur via l’utilisation de la technologie Cloud. Une solution comme celle-ci présente l’avantage de minimiser le temps de conversion des données tout en améliorant la communication avec les destinataires finaux.

Quelques points d’attention – La communication avec le Régulateur

Cependant, si le recours aux RegTechs semble séduisant, cela suppose de lever certaines barrières existantes, notamment liées à la communication avec les régulateurs.

En premier lieu, l’hétérogénéité des données au sein de ces institutions nécessite de repenser leur organisation ainsi que l’architecture de leurs systèmes. En effet, tous les référentiels de données sont propres à chaque institution financière,  les données à intégrer nécessitent donc une homogénéisation préalable. D’autre part, selon l’AMF, les problématiques posées pourraient être liées à la capacité des régulateurs à comprendre et contrôler les algorithmes.

Les régulateurs ont désormais perçu les avantages offerts par ces nouveaux acteurs digitaux. « Les papiers de recommandation de l’ESMA et des régulateurs nationaux évoquent l’utilisation d’éléments faisant appel à des compétences que les banques n’ont pas, comme la finance comportementale », énonce une RegTech offrant une solution conforme MIFID 2. En France, un rapport au ministère de l’économie et des finances souligne l’importance de tester et de valider les algorithmes de traitement des données tout en préservant l’innovation, et émet plusieurs recommandations allant dans ce sens.

L’AMF, semblant ainsi saisir l’opportunité, affirme qu’« il pourrait être opportun d’entamer une réflexion sur la nécessité de certifier les RegTechs afin de favoriser le développement de services de qualité ». Les capacités des régulateurs à intégrer ces solutions dans leur communication avec les banques sera un enjeu majeur dans l’essor des RegTechs.

Sia Partners

Notes & Références

[1] Etude Sia Partners et AEC Fintech finalisée en Septembre 2017. Une mise à jour sera réalisée trimestriellement à partir de mars 2018.

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