• Print
  • Decrease text size
  • Reset text size
  • Larger text size
05/02/2018

De l’importance d’une fonction ALM de second niveau robuste

Dans le cadre de leur gestion actif passif[1] et des risques financiers afférents (risque de taux, liquidité, change…), les établissements financiers sont tenus de démontrer l’existence de contrôles de second niveau complets, robustes, réguliers et rigoureusement documentés. Cette exigence est d’autant plus prégnante depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté du 3 novembre 2014 relatif au contrôle interne des entreprises du secteur de la banque, des services de paiement et des services d'investissement soumises au contrôle de l'ACPR[2].

Les contrôles de second niveau ont vocation à vérifier, de façon indépendante – cette fonction étant souvent dévolue aux directions des risques –, la pertinence et la qualité des stratégies, modèles, organisations, processus et systèmes mis en place pour la filière ALM de premier niveau. Ces-derniers concourent en effet à la production et à la consolidation des différentes mesures de risque et in fine à la prise de décisions de gestion de l’établissement (ex : passage d’opérations de couverture, opérations de refinancement…).

Le contrôle de second niveau vise donc à couvrir l’exhaustivité des activités du premier niveau et implique ainsi une analyse indépendante de la production des indicateurs de risque et des contrôles de premier niveau afférents ainsi qu’une participation active dans la définition des limites. Dès lors, la mise en place d’une fonction ALM de second niveau peut être – et doit être – considérée comme un levier d’optimisation des pratiques de mesure et de pilotage du niveau 1.

Notre vision d’une fonction ALM de second niveau robuste

La robustesse d’une telle fonction repose sur les 3 piliers suivants :

Anticipation et validation Insertion dans le cadre d’appétit au risque, approche élargie des contrôles à réaliser Monitoring Mise en place de contrôles indépendants, robustes et réguliers Consequence management Mise en place de rapports et de processus de remontée des alertes fiables

En effet, (1) l’ALM de second niveau doit permettre la prévision des risques à venir via la mise en place d’une approche risque appropriée et proportionnée, se basant sur :

la définition au niveau de l’établissement de son appétence au risque et les paramètres afférents,

des limites et un profil de risque cohérents avec la stratégie de l’institution financière.

De plus, l’ALM de second niveau doit assurer l’efficacité des mécanismes en place évaluant les risques via la réalisation de contrôles sur :

les guidelines & règles,

les modèles quantitatifs et méthodologies appliquées,

les indicateurs de risques,

le niveau et le respect des limites,

le processus d’alerte, et

les actions de suivi.

Ensuite, (2) l’ALM de second niveau doit réaliser le suivi, indépendant et actif, des indicateurs de risques (consolidés) pertinents et des limites afin de s’assurer qu’elles sont respectées (ou que leur dépassement est temporairement acceptable et justifié) et qu’elles sont cohérentes avec le cadre d’appétence pour le risque prédéfini.

Enfin, (3) le contrôle de second niveau doit régulièrement établir des rapports à l’attention des comités et des acteurs externes sur la qualité de l’encadrement des risques et analyser l’évolution des postes du bilan et des indicateurs de risques. Il doit également démontrer la bonne couverture et gestion de l’exposition aux différents facteurs de risques, notamment lorsque les limites ou l’appétence au risque préétablis risquent de ne plus être respectés. Il lui incombe également, lorsque cela s’avère nécessaire, de remonter les alertes au management de l’établissement – en ligne avec les procédures en place.

Notre vision des grandes familles de contrôles ALM et leur déclinaison opérationnelle   

Fort d’une expertise pointue des exigences réglementaires autour du contrôle de second niveau et d’une connaissance fine et éprouvée des problématiques de pilotage des risques de taux, de liquidité et de change, Sia Partners a identifié une approche générale basée sur les meilleures pratiques. Ces contrôles peuvent s’articuler de la manière suivante :

Validation de l’assiette de calcul des indicateurs  Afin de permettre un calcul adéquat des différentes métriques ALM, il convient de s’assurer que l’outil reçoit effectivement l’ensemble du bilan et du hors-bilan à chaque arrêté et est capable de traiter convenablement les opérations associées. Différentes mailles d’analyse sont alors possibles pour évaluer la qualité des montants restitués dans les outils. Contrôles de versioning dans le paramétrage des outils Lors du traitement des données permettant les calculs et restitutions d’indicateurs, un certain nombre de conversions sont effectuées, depuis les formats de base de données, à l’outil de calcul, en passant souvent par un format commun. Ces transformations induisent l’utilisation de tables / mappings / grilles d’affectation qu’il convient de contrôler à chaque production. Validation des échéancements La plupart des indicateurs ALM communément suivis en pilotage ou a des fins réglementaires (gaps, sensibilités, ratios…) sont tributaires de l’écoulement dans le temps des produits de l’établissement. Il est alors essentiel, afin d’obtenir des chiffres valables, de s’assurer de la bonne exécution des règles de projection du bilan et du hors-bilan. Validation des indicateurs Une fois les différents indicateurs produits par les outils, il convient de pouvoir les analyser finement, afin d’être effectivement en mesure de valider les chiffres générés. En particulier, une validation partagée et indépendante par la finance et par les risques est une pratique saine et qu’il convient d’adopter. Encadrement Les décisions de gestion prises à l’issue des comités ALM sont guidées par une comparaison des métriques produites aux limites associées. Un premier regard mené en parallèle par la finance et par les risques, permettant de constater le respect des limites, et d’identifier les éventuels facteurs de dépassement, est crucial pour éclairer ces décisions. Processus de production et de diffusion Dans l’optique d’assurer une présentation / soumission des reportings ALM dans les meilleurs délais, le processus de production doit comporter des jalons clairement identifiés. Le respect de ces jalons, sans perte de qualité dans la donnée produite, est alors un point clé qu’il convient de suivre et de contrôler.

Par ailleurs, pour les différents contrôles s’insérant dans les différents regroupements ci-dessus, il sera indispensable a minima de normer les éléments suivants :

Détaille le contrôle réalisé  Précise les enjeux et objectifs du contrôles  Indique le type de risque couvert par le contrôle Précise le niveau auquel est effectué le contrôle :Indique l’équipe en charge de la réalisation du contrôle Indique l’équipe responsable de la bonne réalisation du contrôle (exemple : valider le contrôle effectué par « l’Acteur ») Répertorie les équipes dont une contribution peut être attendue pour la bonne réalisation des contrôles Equipes nécessitant de recevoir de l’information relative aux contrôles sans toutefois contribuer à son exécution

A partir de cette première vision globale permettant d’identifier les bonnes pratiques à transposer à chaque environnement spécifique, les chantiers de mise en place ou d’optimisation de la fonction ALM de second niveau peuvent s’organiser afin :

d’identifier les contrôles pertinents ainsi que leur déclinaison opérationnelle et leur documentation adéquate,

de définir le bon niveau de gouvernance des différentes fonctions de niveau 1 et 2, et,

de participer à la définition du cadre d’appétence au risque de l’établissement.

D’une contrainte réglementaire à de possibles leviers d’optimisation de la fonction ALM

Si la mise en place d’une fonction de second niveau peut être vue comme relevant d’abord d’une contrainte réglementaire, cette fonction de second niveau doit être pensée comme un levier d’optimisation des pratiques de mesure et de pilotage de l’ALM niveau 1.

Par son expertise, son organisation, ses processus et ses outils, la fonction de second niveau doit être à même de contrôler finement et de challenger l’activité de la fonction ALM de premier niveau. En effet, le niveau 2 doit être en capacité de mettre en place des couches de contrôles autour des différents aspects préalablement balayés ci-dessus – mais également de l’alignement du dispositif de contrôles sur les différentes exigences réglementaires (Bâle, EBA, SREP,…) afférentes à la gestion des risques de taux, liquidité et change.

Ainsi, par son rôle et les enjeux de ses fonctions, l’ALM de second niveau doit participer activement aux chantiers de définition de l’appétence au risque et à la gestion des interactions entre les différentes mesures de risques afin de piloter et optimiser la fonction ALM dans sa globalité.

Notes & Références:

[1] Aussi connu comme « ALM » (Asset and Liability Management)

[2] Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution

Sia Partners

0 commentaire
Poster un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères affichés dans l'image.
Back to Top