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23/10/2018

Les ETFs : Des produits financiers toujours aussi attractifs

L'intérêt grandissant envers les ETFs ou Trackers suscite de nombreuses questions. Portés par la directive MiFID II, ils représentent un potentiel d’investissement diversifié et à moindre coût. Sont-ils un si parfait substitut aux fonds euros ou instruments risqués ?

Les ETFs : Un instrument financier avantageux mais pas sans risques

Qu’est-ce qu’un ETF ?

Un ETF (Exchange Traded Fund) ou encore Tracker, est un fond de placement côté qui offre la même liquidité qu’une action, et reproduit à la hausse comme à la baisse l’évolution d’un indice de référence.

Avec une simplicité d’accès aux secteurs les plus prisés et à moindres frais, il n’est pas étonnant que les ETFs représentent près de 40%[1] des actifs sous gestion des investisseurs américains.

 

Les ETFs en 4 points

*Source: Morningstar

 

Les risques liés aux ETFs sont de plus en plus nombreux

Bien entendu, même si les ETFs répondent aux exigences des règles de sécurité des placements collectifs, ils restent des produits financiers qui ne sont pas sans risque :

Tout d’abord, la notion de « Tracking error » est fondamentale lorsque l’on choisit un ETF : la performance d’un ETF n’est pas exactement la même que celle de l’indice qu’il doit répliquer, et même si les écarts sont très faibles, certains ETFs respectent mieux leurs engagements que d’autres.

D’autre part, la question de la liquidité des ETFs se pose aussi. En effet, en cas de marché stressé, il peut être plus compliqué de vendre un ETF plutôt que les actions sur lesquelles il repose.

Enfin, il est important de noter qu’une certaine tendance s’est développée, surtout en Europe : de nombreux gestionnaires créent des ETFs sans détenir les actifs réels composant l’indice, on les appelle les ETFs synthétiques. Cela est possible grâce à des accords de swap permettant d’échanger les actifs utilisés pour créer le fond contre les actifs composant réellement le fond à une date ultérieure. Ces ETFs synthétiques sont plus risqués, notamment à cause du risque de contrepartie et du risque de garantie.

Le tableau ci-dessous résume les risques inhérents aux ETFs :

En cas de tensions sur le marché, les ETFs peuvent ne pas être aussi liquides que les actions elles-mêmes Le rendement d’un ETF qui réplique un indice est différent du rendement de l’indice Les titres utilisés comme collatéraux pour les swap d’ETFs synthétiques sont différents de ceux composant l’indice, et donc potentiellement de moindre qualité et liquidité Pour les ETFs synthétiques, l’investisseur est exposé au risque de défaillance ou de déclassement de la contrepartie du swapTracking error  collateral mismatch coutnerparty liquidity

Quand bien même les ETFs deviennent de plus en plus complexes et donc de plus en plus risqués, le marché des ETFs semble plus prometteur que jamais.

Un marché en forte expansion mais qui reste très concentré

Fin 2017, c’est plus de 4000 milliards de dollars d’actifs sous gestion pour les ETFs, soit un nouveau record. Le marché européen affiche la plus grande croissance sur cette même année avec un chiffre impressionnant de 40%, surpassant même la croissance du marché américain (premier marché mondial en termes d’actifs), atteignant 34% cette année-là[2]. Cette tendance n’est a priori pas prête de s’arrêter car selon une étude de Brown Brothers Harriman, 98% des investisseurs planifient de maintenir ou augmenter leurs investissements en ETFs dans le futur.

Source : ETFGI

Les principaux acteurs qui profitent de la montée en puissance des ETFs sont peu nombreux, et se partagent les parts d’un gâteau qui ne cesse de grossir. En Europe, trois sociétés de gestion se partagent près de 70% du marché : iShares, filiale de BlackRock, domine très largement avec 37% des actifs sous gestion, Vanguard possède 19% des actifs sous gestion et State Street 13,5%. Loin devant les autres acteurs dont notamment Lyxor, Amundi, UBS et Xtrackers.

Aujourd’hui, la grande majorité des échanges d’ETFs s’effectue sur le marché de gré à gré (ou OTC - Over The Counter). A titre d’exemple, sur le marché Français à fin 2016, sur un total de 634 milliards d’euros échangés en ETF, 71% ont été réalisés en OTC contre seulement 9% des volumes sur la plateforme Euronext Paris[3]. Les ETFs bénéficient ainsi d’un vent porteur important, et c’est sans compter sur l’entrée en jeu d’un allier de poids : la directive MiFID II.

Quel avenir pour les ETFs ?

Certains signes démontrent une volonté de changement de la part de la communauté financière avec notamment une favorisation de la transparence des transactions. C’est un des objectifs de la nouvelle réglementation européenne MiFID II. En vigueur depuis le 3 janvier 2018, elle vise à renforcer les principes de MiFID I en instaurant une protection supplémentaire pour les investisseurs. Bien évidemment, les fonds de placement sont concernés.

Concrètement, comment cela impactera-t-il le marché européen des ETFs ? Tout d’abord, MiFID II impose une transparence concernant les frais et commissions perçus par les gestionnaires. Ainsi les investisseurs peuvent facilement comparer les frais entre les produits passifs et actifs. En considérant le fait que 98% des fonds d’actions globales en euros ont sous-performé leur indice de référence[4], la gestion active peine à rester attractive auprès des investisseurs qui se tournent donc vers des fonds pour la plupart à gestion passive et à moindres frais. Cet intérêt pour les ETFs touche à la fois les clients institutionnels et les clients particuliers. De plus, la liquidité des ETFs sera plus transparente du fait des obligations de reporting. De tels changements auront certainement un fort impact sur la manière dont les investisseurs européens gèreront leur épargne dans les années à venir.

Pour répondre à un tel engouement, le marché réglementé européen compte bien profiter de cette tendance en essayant de centraliser les échanges d’ETFs sur une nouvelle plateforme : Euronext ETF Access. Cette dernière permettra aux investisseurs d’accéder à l’ensemble des ETFs européens à partir d’un seul et unique point d’entrée. Une volonté donc de prendre des volumes au marché OTC et de populariser au maximum les échanges d’ETFs via des plateformes centralisées, tout en respectant la transparence des transactions et favorisant la liquidité des ETFs.

La question de la place que les ETFs sont amenés à prendre dans les sociétés de gestion se pose donc. Il semble déjà que ces dernières portent une grande attention à ces instruments, sachant que la combinaison gestion active / gestion passive est la clé d’un portefeuille optimisé. Avec des fonds euros qui ne cessent de baisser, les particuliers doivent trouver un moyen de diversifier leur épargne de manière simple : les ETFs se présentent comme de sérieux challengers. Attention toutefois à la complexité grandissante de ces derniers : si au départ l’ETF était un produit simple, il est désormais de plus en plus complexe, et donc risqué, particulièrement en conditions de marché stressé. L’ETF semble promis à un bel avenir qui ne se dément pas, sans pour autant chasser des portefeuilles les OPCVM[5] et autres FCP[6].

 

Sia Partners

Notes & Références:

[1] Brown Brothers Harriman, 2018

[2] ETFGI, 2018

[3] AMF, 2016

[4] SPIVA, 2016

[5] Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières

[5] Fond Commun de Placement

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