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20/04/2010

Interview de Olivier MERIC, Directeur Général de BMS-MONEO

En quelques mots, pouvez-vous présenter BMS à nos lecteurs ?

Le système Moneo repose sur 2 entités : BMS (Billettique Monétique Services) qui le développe, le commercialise etle gère ; et la SFPMEI (Société Financière du Porte Monnaie Electronique) qui émet et garantit les encours de monnaie électronique en circulation. D'un point de vue statutaire, la SFPMEI dispose d'un agrément d'établissement de crédit. A ce jour, BMS emploie 42 personnes et réalise 10 MEUR de chiffre d'affaires.

BMS s'est fait connaître auprès du grand public grâce à son porte-monnaie électronique, mais les services que vous proposez aujourd'hui sont bien plus larges. Comment définissez-vous le positionnement de Moneo ?

Moneo est la solution de paiement des petits montants, résolument orientée vers le multiservice et l'innovation. Si notre porte-monnaie électronique reste le socle de notre offre, il est désormais combiné à de nombreux services à valeur ajoutée. Nous fournissons principalement des solutions sur mesure à destination de quatre secteurs de référence : les CROUS et universités, les collectivités locales, les entreprises et les grandes enseignes de distribution. Nous proposons à ces secteurs, des cartes co-brandées, à leurs couleurs, qui facilitent l'accès à de nombreux services tout en simplifiant les actes de paiement associés.

A titre d'exemple, sur le segment des collectivités, nous avons commencé par équiper des parcs d'horodateurs, puis nous avons étendu nos services en nous adaptant aux besoins spécifiques de chaque commune. Avec une seule carte, les administrés de nombreuses villes accèdent à l'ensemble des services municipaux, tels que les bibliothèques, les musées, les piscines, les transports publics, ou encore le stationnement résidentiel avec identification du porteur. La carte Ville de Toulouse (entre autres) permet même la location de vélo en libre service, et le paiement du dépassement du temps imparti ! En ce qui concerne les universités, 20 des 26 CROUS français proposent à leurs étudiants une carte multiservice permettant l'identification, le contrôle d'accès, le règlement des repas au restaurant universitaire ou encore celui des photocopies. Quant aux grandes enseignes, nous ciblons avant tout des réseaux offrant des prestations récurrentes de petits montants comme Relais H, Brioche Dorée ou Mc Donald's. Nos solutions permettent là encore de gérer des tarifs différenciés en fonction du porteur, des réductions ou des programmes de fidélisation, avec un passage en caisse plus rapide via la technologie de paiement sans contact.

On compte aujourd'hui plus de 2 millions d'utilisateurs actifs de Moneo, qui réalisent 1,2 millions de paiements par semaine. Ce chiffre est en constante augmentation depuis 2005. Il y a donc un véritable marché pour les paiements de petits montants.

Ce positionnement offre-t-il un potentiel de croissance important dans les années à venir ?

Oui, et nous souhaitons continuer à nous développer dans cette voie. Nous sommes régulièrement sollicités pour la mise en place de nouveaux programmes de cartes communautaires. En tant que précurseur sur ce type de service, nous bénéficions d'une grande crédibilité et d'une qualité de service reconnue, notamment en termes de sécurité. De plus, nous avons développé un modèle qui nous permet d'être particulièrement compétitifs en termes de coût de transaction. Ces atouts nous permettent d'envisager à terme un développement de notre activité en Europe sur des marchés ciblés.

Parallèlement à cela, nous travaillons sur d'autres offres innovantes, qui pourraient présenter un fort potentiel au cours des années à venir.

Vous évoquez des innovations à venir. Pouvez-vous nous en livrer quelques unes ? Visez-vous une stratégie de diversification ?

Nous souhaitons rester en ligne avec notre cœur de métier. Cela ne nous empêche pas de réfléchir aux nouveaux besoins en termes de micro-paiements. Nous sommes toujours très engagés dans le développement de solutions innovantes, à forte valeur ajoutée pour le consommateur et à coût compétitif pour le commerçant.

Nous lançons actuellement une offre dédiée aux micro-paiements sur Internet, et avons d'ailleurs reçu, avec Atos Worldline, le Trophée des Paiements Innovants 2010, pour notre solution e-Moneo. Actuellement, l'acte de paiement en ligne reste relativement long et pose des problèmes récurrents en termes de sécurité. Cela grève le développement de certains segments du e-commerce, notamment pour les produits et services de faible montant, comme les morceaux de musique à l'unité, les articles de journaux, ou encore les paris en ligne. Pour répondre à ce besoin, nous avons intégré la solution Moneo sur une clé USB (Weneo-Moneo). En effet, Moneo est adaptable à tous type d'objet communicant (cartes à puce, mobile, PDA...). Au montant de régler, l'utilisateur choisit Moneo comme mode de paiement, puis connecte son porte-monnaie au port USB de son ordinateur (ou insère sa carte Moneo dans un lecteur PC/SC). La transaction est alors validée en 1 clic, sans aucune saisie de code confidentiel ni divulgation de coordonnées bancaires. Et au-delà du fait que nous disposons d'un dispositif de sécurité de haut niveau, le consommateur sera assuré de ne jamais pouvoir perdre plus que le montant stocké sur son porte-monnaie, soit 100 euros au maximum. Pour les transactions de la vie courante, ce smart object sera également équipé d'une interface sans contact. Ce système a fait l'objet d'un pilote auprès d'une centaine d'agents municipaux de la mairie de Bordeaux, et est déployé depuis le 1er mars auprès de 200 étudiants de l'Université de Toulon, avant une commercialisation grand public.

Nous travaillons également sur d'autres projets : Le projet ALTESS en partenariat avec Atos, qui vise à transformer tout ordinateur personnel en terminal de paiement et de services sans contact, à domicile ou chez le commerçant ; et le projet Nice Future Campus, qui vise quant à lui à embarquer une carte étudiant multiservice dans le téléphone mobile des étudiants.

La grande distribution cherche, elle aussi, à promouvoir les paiements électroniques de petits montants, notamment via l'installation progressive de terminaux de carte bancaire sans contact et sans composition du code personnel pour achat d'un montant inférieur à 25 euros. Dans quelle mesure ces dispositifs sont-ils concurrents de Moneo ?

On voit en effet un nombre croissant d'acteurs s'intéresser, et promouvoir, les paiements de petits montants, notamment au travers des technologies sans contact. C'est une très bonne nouvelle pour Moneo, qui est leader sur le paiement sans contact en France, avec 500.000 cartes contactless en circulation et plus de 5 millions de transactions enregistrées à fin 2009.

Concernant la grande distribution, les solutions déployées reposent sur des standards internationaux et ouverts (norme ISO 14443), avec lesquelles les cartes sans contact Moneo sont nativement compatibles. Mais cela n'est pas notre axe de réflexion prioritaire à l'heure actuelle ; nous souhaitons avant tout intensifier notre offre de solutions multiservices et développer notre offre pour le e-commerce, en laquelle nous croyons beaucoup.

Sur le volet organisationnel et technique, assurez-vous en propre l'ensemble de la chaîne de traitement des ordres de paiement ?

Nous assurons l'ensemble des traitements de back-office en interne et maîtrisons l'ensemble des aspects liés au développement de nouveaux services. Il s'agit d'un gage de qualité pour nos clients. Par exemple, nous sommes équipés d'un banc de test disposant de l'ensemble des terminaux de paiement disponibles sur le marché, y compris les horodateurs et les distributeurs de boissons ! Notre site central d'exploitation est géré en partenariat avec notre prestataire monétique qui en assure l'hébergement technique et la maintenance.

En revanche, nous n'avons pas vocation à développer les outils de gestion utilisés par nos clients, tels que les applications de gestion des prêts en bibliothèque ou de cantines d'entreprise. Nous proposons un interfaçage de nos cartes avec les dispositifs déjà existants chez nos clients, ce qui permet des déploiements rapides et des coûts d'adaptation maîtrisés. Nos clients conservent par ailleurs naturellement le libre choix de leurs outils et prestataires.

Plus généralement, le marché de la monnaie électronique en France compte toujours peu d'acteurs[1]. La révision de la Directive européenne monnaie électronique de septembre 2009 va-t-elle selon vous entraîner une ouverture effective du marché ?

Oui, de nouveaux acteurs vont certainement apparaître... et d'autres disparaître ! Car il ne s'agit pas seulement d'alléger les conditions d'entrée, mais également d'instaurer des règles de concurrence plus claires et lisibles. Par exemple, certaines activités comme les cartes cadeaux n'étaient jusqu'à présent pas considérées comme support de monnaie électronique, et certains acteurs proposaient des solutions très basiques en termes de sécurité. Nous allons donc être en mesure de leur proposer nos solutions en marque blanche.

Dans ce cadre, Moneo dispose de trois atouts concurrentiels majeurs. Tout d'abord, nous avons une grande maîtrise des technologies sans contact qui sont amenées à se développer. Ensuite, nous avons « inventé » le métier du multi-applicatif et bénéficions d'une véritable expertise reconnue dans ce domaine. Enfin, nous bénéficions d'une avance significative sur les technologies de sécurité, aspect primordial pour le développement de la vente en ligne.

Sia Partners

Notes & Références:

[1] convient ici de bien distinguer la monnaie électronique (directement stockée sur un support de type carte à puce, ce qui est le cas de Moneo) des cartes bancaires sans contact citées précédemment (relevant de la monnaie scripturale, stockée sur un compte bancaire et non sur la carte).

Parcours:

Diplômé de l'ESSEC, Olivier MERIC est un spécialiste du marketing bancaire et de la monétique. En 1984, il entre au Crédit Agricole d'Ile de France, où il occupe les fonctions de chef de produit (solutions monétiques et de banque à distance), puis de Directeur des marchés particuliers et des professionnels. En 1995, il rejoint le Crédit Commercial de France où il atteint le poste de Directeur du marketing et de la gestion de patrimoine. C'est en 2005 qu'il devient Directeur Général de Billettique Monétique Services (BMS).

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