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16/08/2016

Les Fintechs et les GAFA, sont-ils une chance ou une menace pour les BFI et les banques commerciales ?

Durant ce mois d'août, nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir certains articles à succès publiés cette année sur le blog Finance & Stratégies. Cet article avait été publié sur notre blog le 22/03/2016

Google fondé en 1998 et première capitalisation boursière mondiale, Uber créé en 2009 et valorisé à plus de 50 milliards de dollars, Airbnb fondé en 2008 et valorisé à hauteur de 25 milliards de dollars… La liste des nouveaux acteurs profitant de la vague numérique et de l’évolution des attentes des consommateurs souhaitant plus de mobilité, des services en ligne et une suppression des intermédiaires est longue. Face à cette nouvelle concurrence, les entreprises traditionnelles craignent d’être « ubérisées » car ces nouveaux acteurs bouleversent leurs business models et remettent en cause leurs positionnements.

De nombreuses Fintechs[1] et les GAFA [2] ont lancé récemment des offres bancaires (moyens de paiement, crowdfunding, agrégation de comptes…) à destination des particuliers ou des PME. Ces nouveaux entrants représentent une concurrence qui propose de nombreuses innovations dans des domaines qui étaient jusque-là réservés aux groupes bancaires, surtout dans le cadre de leurs activités de banque de détail. En raison des fortes barrières à l’entrée inhérentes à leurs activités (expertise pointue, réglementation contraignante, importants capitaux nécessaires…), les BFI [3] et les banques commerciales seraient-elles préservées ? Les Fintechs et les GAFA, représentent-ils une opportunité ou une menace pour ces acteurs ?

Panorama des Fintechs/GAFA qui interviennent dans le secteur de la BFI

Loin d’être dans une simple opposition, les start-ups financières et les géants du web peuvent intervenir en tant que :

  • fournisseurs offrant des services numériques permettant de faciliter les activités des BFI ou de concurrencer leurs fournisseurs historiques tels que Bloomberg (tableau 1)
  • partenaires complétant l’offre traditionnelle des BFI (ex : gestion du collatéral) en optimisant la qualité de service (ex : dématérialisation et automatisation des processus) afin d’assurer des gains de productivité (tableau 2)
  • concurrents introduisant sur le marché des innovations en rupture avec les produits et/ou les services existants, en rendant obsolètes certains métiers ou en supprimant certains intermédiaires (tableau 3)

Tableau 1 : Sélection de fournisseurs

fintechs gafa menaces BFI banques commerciales tableaud e fournisseurs sumphony dataminr context relevant facebook work

Tableau 2 : Sélection de partenaires

fintech gafa bfi banque commerciale sélection de partenaires acadia soft invest lab imatchative bill. com

Tableau 3 : Sélection de concurrents

faga fintech bfi banques commerciales sélection de concurrents finexkap kensho visible alpha

Source des tableaux : sites internet des Fintechs

Comparaison entre les acteurs

L’essor du numérique a fortement diminué les barrières à l’entrée en rendant le client final plus directement accessible pour ces nouveaux entrants. Les Fintechs et les géants du web cherchent à se positionner sur le marché grâce à des atouts qui les différencient des BFI :

  • Une image plus jeune et dynamique
  • Une forte capacité d’innovation alliée à une plus grande agilité et une souplesse dans l’organisation et les modes de fonctionnement qui leur permettent de sortir plus rapidement de nouveaux concepts sur le marché
  • Une pression moindre des régulateurs à l’heure actuelle

Les BFI et les banques commerciales conservent néanmoins les avantages suivants :

  • Une forte expertise dans leurs métiers historiques et la possibilité de faire du cross-selling
  • Une confiance des clients dans le respect de la confidentialité de leurs données bancaires
  • Une capacité à convaincre les régulateurs via la capitalisation des projets de transformation et de mise en conformité réglementaire réalisés ces 5 dernières années
  • D’importants capitaux disponibles pour des investissements et des infrastructures clés déjà existantes (qui peuvent cependant freiner l’adoption d’innovations)

Perspectives pour l’avenir

En l’état actuel, il est encore difficile de cerner les impacts que pourraient avoir ces nouveaux entrants sur les activités de financement, d’investissement, de marchés de capitaux et de cash management. Les BFI pourraient être profondément impactées en termes d’offre (arrivée de produits/services complémentaires ou concurrents), d’organisation (nécessité de réallouer les ressources), de processus (recherche de plus de flexibilité et d’innovation) afin de s’adapter à la nouvelle donne.

De plus certaines technologies sont encore en cours de développement. Par exemple, de nombreux projets dans les services financiers sous la forme de consortiums de banques (telle que R3, une FinTech, dans laquelle trente BFI ont investi), de collaborations bilatérales BFI/FinTechs (par exemple entre Digital Asset Holding et JPMorganChase) ou de R&D interne (Citi avec ses Citi Innovation Labs), cherchent actuellement à appliquer les blockchains utilisés initialement pour la monnaie virtuelle bitcoin. Cette technologie, qui permet de réaliser des transactions sans organe central en enregistrant et vérifiant les transactions anonymisées par bloc sur un réseau d’ordinateurs et en les rendant publiques, présente les avantages suivants :

  • Rapidité des transactions (absence d’intermédiaires)
  • Absence de frais administratifs ou d’infrastructures
  • Meilleure sécurité
  • Meilleure résilience du système (historique enregistré sur les ordinateurs du réseau)

La technologie des blockchains pourrait potentiellement modifier en profondeur le milieu des BFI dans les prochaines années en étant une chance (réduction drastique de leurs frais de structure ou facilitation des actions de conformité) mais aussi en représentant une menace (révolution dans l’échange de titres, les paiements internationaux et les activités post-trade).

Ainsi, les échanges, les partenariats, les investissements croisés et les rachats se multiplient. Cette émulation pourrait forcer les BFI à réinventer leur modèle d’activité afin de s’adapter à la nouvelle donne et ne pas se laisser distancer. Goldman Sachs a ainsi annoncé : « Nous sommes une entreprise de Tech » et pas seulement une entreprise financière, c’est-à-dire une plateforme sur laquelle les Fintech peuvent se greffer.

Sia Partners

Notes & Références :

[1] FinTechs ( Financial Technologies ) : start-ups dans le secteur des services financiers

[2] GAFA : Google, Apple, Facebook, Amazon

[3] BFI : Banques de Financement et d’Investissement

 

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